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Enjeux et objectifs

Démarche et méthodologie

Apprentissages

Enjeux et objectifs

Enjeux

Accompagner

des personnes “tout entières”

Les ambitions fixées par le Département à l’occasion de la renationalisation du RSA placent la personne bénéficiaire au cœur des préoccupations. Il ne s’agit plus de distribuer une aide mais d’accompagner une personne singulière vers le retour à l’emploi.

Cela passe d’abord par la prise en compte dans un même geste d’aide de la dimension sociale et professionnelle de chaque personne bénéficiant du RSA. Il s’agit de mettre fin à la dichotomie entre ces deux sphères et de créer des parcours socioprofessionnels spécifiques. Les situations de vie les plus singulières doivent ainsi êtres prises en compte afin de lever tous les freins à l’insertion : langue, situation familiale, santé…

Redonner la parole aux personnes accompagnées vise un triple objectif :

  1. Garder toujours à l’esprit la réalité vécue des personnes en insertion, leurs difficultés, leurs aspirations, les efforts qu’ils fournissent

  2. Améliorer les solutions proposées

  3. Faire de l’accompagnement un chemin de dignité

La démarche expérimentale mise en œuvre par XP-RSA répond à ces enjeux car elle s’appuie sur l’observation du réel et donc intensifie pour ceux qui y participent le lien d’empathie avec la réalité des personnes accompagnées.

Elle les associe également, faisant le pari d’une intelligence du vécu dont on ne peut se passer. Les personnes accompagnées ne sont plus ici le problème mais bien une grande partie de la solution !

Créer de nouvelles pratiques d’accompagnement

L’ambition de la Nouvelle Donne pour l’Insertion et l’Emploi est portée par un doublement des capacités d’accompagnement, afin de porter le nombre de personnes prises en charge par les conseillers insertion à 100 personnes environ. En plus de cette augmentation des effectifs, cela passe par une évolution des pratiques d’accompagnement, à mi chemin entre le renversement de la table et le retour à des gestes d’action sociale de bon sens que les travailleurs sociaux maîtrisent et ne demandent qu’à réactiver quand ils en auront les moyens.

Capacité à créer des parcours personnalisés, insertion par le faire, co-conception des solutions avec les acteurs de terrain, capacité à créer une relation d’aide équilibrée entre écoute active et soutien sollicité : autant de compétences et de gestes à développer et mettre en œuvre au cœur de cette nouvelle donne.

Cet apprentissage ne peut se faire qu’au niveau du système : au sein des équipes, à l’intérieur des structures pour assurer un accès à un accompagnement d’égale qualité à tous ; plus largement au niveau du système départemental pour inventer un accompagnement efficacement organisé entre les acteurs, capitalisant sur les talents de chaque organisation tout en mettant en partage une philosophie commune de l’accompagnement.

Chaque expérimentation est conçue comme un exercice d’apprentissage dont la vocation est tout autant de faire émerger des solutions efficaces que de transformer les pratiques, les représentations et les interactions entre les acteurs.

Faire émerger un nouveau système d’accompagnement

Au fond, il s’agit avant tout d’agir sur les relations entre les parties prenantes : créer une relation à égalité de dignité entre les aidants et les aidés, créer une relation de coopération et de créativité entre les acteurs de l’emploi et ceux du social, créer une relation d’appui, de transparence, d’ambition, entre le Département et ses partenaires institutionnels, associatifs ou communaux.

La création d’un tissu d’Agences Locales d’Insertion (ALI) suscité par un appel à manifestation d’intérêt lancé en décembre 2021 porte cette ambition. L’ALI devient le lieu nodal de l’accompagnement à l’intérieur duquel le projet de parcours intégré, intensif et au plus près de la situation d’emploi se réalise.

Pour réussir, ces ALI devront faire réseau et ainsi partager leurs apprentissages, mettre en relation les acteurs privés et publics de l’accompagnement, forger une nouvelle relation avec les acteurs accompagnés.

La démarche expérimentale et apprenante XP-RSA est le creuset d’un nouveau système dans lequel toutes ces relations pourront se tisser.

Démarche et méthodologie

Démarche
synopsis XP-RSA.png

Une démarche centrée sur l’expérimentation et l’apprentissage collectifs

🌱 La démarche XP-RSA, inscrite au Plan départemental pour l’Insertion et l’Emploi (PDIE) vise à faire émerger de nouvelles pratiques d’accompagnement des allocataires du RSA pour répondre aux situations les plus difficiles et les plus spécifiques.

💡Face à des situations humaines pour lesquelles personnes n’a vraiment de solution, une démarche d’innovation, alternant des phases de création et de tentatives est très efficace. L’expérimentation participative permet en effet la diffusion de nouvelles pratiques chez les professionnels et au sein des institutions

⁉️ La démarche se structure autour de deux questions de travail :

  1. Comment faire en sorte que les TPE/PME embauchent des allocataires ?

  2. Comment revitaliser les parcours d’accompagnement pour les allocataires de longue durée ?

🪛 Un dispositif à double niveau est mis en place pour structurer la démarche, permettre son déploiement opérationnel et sa capitalisation à l’échelle de l’écosystème de l’insertion et de l’emploi en Seine-Saint-denis.

Équipe d’animation

Au niveau central, une équipe d’animation réunissant des professionnels de l’insertion, de l’action sociale et de l’innovation a pour mission de se mettre à l’écoute de terrain, d’accompagner l’analyse des résultats qu’il transforme en apprentissages diffusés sur ce wiki.

Brigades d’expérimentation

Au niveau du terrain, à La Courneuve et à Rosny-sous-Bois, des brigades d’expérimentation réunissant une pluralité de professionnels ainsi que des allocataires mettent en oeuvre les expérimentations issues d’un travail d’exploration et de co-création.

Dynamique d’apprentissage

La démarche est construite comme un réseau apprenant qui fait dialoguer deux niveaux d’action : celui de l’expérimentation et celui de la capitalisation et du partage.

Toutes les étapes du projet sont conçues comme des occasions d’apprendre. L’enjeu de l’équipe d’animation consiste à transformer les expériences vécues au sein des brigades en apprentissages plus généraux.

Étapes de travail

  1. Formulation des questions de travail et composition des brigades 

  2. Exploration du terrain 

  3. Analyse de l’exploration et développement des axes créatifs 

  4. Co-construction de solutions opérationnelles 

  5. Priorisation des pistes et formulation des hypothèses

  6. Conception des protocoles d’expérimentation

  7. Expérimentation et collecte des résultats

  8. Analyse des résultats et essaimage des pistes concluantes

Apprentissages

Apprentissage

Des petits pas pour mobiliser

Pierre Baudry, co-fondateur OKONI

Je suis Pierre, de l’agence Okoni.
J’accompagne le projet XP-RSA. Mon rôle a été jusqu’ici de concevoir le projet et de lancer le travail des brigades. Quand le projet a commencé, l’écosystème de l’accompagnement des allocataires était en pleine restructuration. Un appel à manifestation d’intérêt venait d’être lancé afin de constituer les nouvelles agences locales d’insertion autour d’organismes spécialisés dans l’accompagnement et l’insertion. A chaque fois que je travaille pour un département, je fais le même constat : le département est le chef de fil d’un réseau d’acteurs. Son immense défi est de faire travailler tout le monde ensemble, de les mettre en mouvement, de faire émerger une direction avec eux, sans chercher à les aligner complétement pour en pas se priver de leur force créative. L’équilibre est dur à trouver entre alignement, mise en rang, contrôle et animation, cocréation, dynamique collective.

En tant que facilitateur et chef de projet au Conseil départemental, je pilote et accompagne la démarche XP-RSA, en étroite collaboration avec mes collègues de la direction de l’insertion et du service départemental, notre prestataire Okoni et les personnes qui ont rejoint nos brigades d’expérimentation. Je suis un novice, tant vis-à-vis des politiques d’insertion que de l’accompagnement social, cultivant plutôt une posture de généraliste de l’action publique qui me permet de faire des différents projets que j’accompagne autant de sources d’apprentissages.

L’un des apprentissages de la démarche XP-RSA, de mon point de vue, est la centralité de la problématique de la relation, que ce soit celle entre personnes accompagnées et travailleurs sociaux ou entre employeurs et personnes en recherche d’emploi.

Construire des relations dans l’accompagnement

Martin Preaud, Chef de projet innovation territoriale

Raconte moi ton parcours pour m’aider à construire le mien

Travailleuse sociale

Travailleuse sociale, encadrante dans un service de polyvalence de secteur, avec les équipes nous avons pour mission l’accompagnement des BRSA. Depuis plusieurs années que j’exerce, une question revient de manière récurrente « faire émerger chez les BRSA de longue durée la conscience de leurs compétences ». Un certain nombre d’ateliers existent et sont proposés dans le cadre des programmes départementaux d’insertion, des formations pôle emploi... offrant des possibles autour de la remobilisation, de la confiance en soi…Ces propositions que nous imaginons novatrices avec notre regard de professionnels ne trouvent pas leurs publics, restent peu investis par les BRSA que nous accompagnons. Nous mettons pourtant beaucoup d’énergie à tenter de les convaincre du bienfait de ces derniers.

Je suis Thomas, je suis designer et j’ai déjà eu l’occasion de travailler sur des sujets de design de politique publique. Avec la différence de celui-ci où je me retrouve au centre d’un sujet qui draine des acteurs de l’Etat que je n’ai jamais rencontrés mais dont j’ai toujours entendu parler : Pôle emploi, les acteurs de la formation etc.

A la première réunion, tous ces acteurs sont présents et discutent de leurs métiers et de leurs moyens qu’ils pourraient mobiliser au service du projet. Je découvre avec plaisir la quantité de données que chacun et chacune possède : elle est immense et peut être filtrée avec une très grande précision. En écoutant les acteurs parler, je m’étonne que ces données ne soient pas déjà mises en relation au service d’un projet commun : c’est comme si les acteurs découvraient les moyens de chacun et chacune.

Trop de potentiel limite son activation

Thomas Ollivier, Designer chez OKONI

L’opportunité d’un changement de rapport de force

Clémence Grimonpont, consultante chez OKONI

Consultante en agence de design et d'innovation, j'accompagne un groupe de travail sur la remobilisation des allocataires du RSA de longue durée. Une fois l'exploration terrain réalisée, c’est-à-dire rencontrer des allocataires pour entendre le récit de leur accompagnement, nous avons organisé un atelier de cocréation. Lors de cet atelier, nous avions à cœur d'inviter des allocataires pour imaginer avec eux, les premiers concernés, de nouvelles idées concernant leur accompagnement. Grâce au travail de mobilisation des travailleurs sociaux du groupe de travail, nous avons réussi à intégrer 6 allocataires à notre atelier.

Mon premier étonnement a été de me rendre compte que ces personnes qui avaient accepté de participer n'avaient pas l'habitude qu'on les sollicite pour ce type de démarche.

Suite à mon travail sur l’emploi des ARSA dans le monde de la restauration, nous avons trouvé des idées qui touchent principalement à deux thématiques : Améliorer l’insertion et favoriser la rencontre et notamment la rencontre entre restaurateur et ARSA. Nous devions soumettre ces idées aux restaurateurs pour récolter leurs opinions et trouver des terrains d’expérimentation en sollicitant leur aide.

Mon étonnement et mon apprentissage s’inscrit dans le rapport entre les ARSA et les restaurateurs : je pensais que les restaurateurs allaient être fermé à toutes démarches les incluant. Me voilà étonné lorsque je découvris que, au contraire, certains restaurateurs s'intéressaient à la démarche ; et plus encore, qu’ils voulaient s’y impliquer.

Des restaurateurs ouverts à une démarche innovante

Thomas Ollivier, Designer chez OKONI

Le contact humain plutôt que les outils

Travailleur social

La première partie de l'expérimentation menée avec ma brigade consistait à prendre contact avec des allocataires au RSA depuis plus de 3 ans pour les inviter à participer à un temps d'échange en petit collectif, hors du contexte emploi.

Malgré une invitation visant à surprendre ce public (l'envoi d'une carte postale ou d'une invitation qualitative de type faire-part), le ratio invités/présents reste sensiblement le même que celui que l'on peut par exemple constater lors d'invitations à une information collective traditionnelle. Ça ne suffit donc pas à capter ce public puisqu'elle reste sans contact humain, et arrive de manière désincarnée de la part d'un prescripteur que l'on ne connait pas ou que l'on n'a pas vu depuis de nombreuses années.

A l’issue de l’exploration terrain auprès des allocataires du RSA, nous avons extrait des morceaux de parole, celles qui nous interpellaient le plus. Nous les avons classés par groupes logiques. L’un des tas les plus fournis renvoyaient à l’absence d’attente des allocataires. Courriers, formation, entretiens d’embauche, rencontre avec leur conseiller, de tout cela ils n’attendaient plus rien.

Et pourtant, le processus d’accompagnement est fondé sur un contrat d’engagement réciproque dans lequel une large part est laissée à la fixation d’objectifs. Je me rappelle le projet que nous avons mené avec les services d’aide sociale à l’enfance dans le département du Maine-et-Loire. Les grands mineurs étaient eux aussi assez vite confronter à cette exigence d’objectifs : quelle formation ? Pour quel métier ? Dans quel calendrier ?

Comment réengager sans fixer d’objectifs ?

Travailleur social

Multiplier les empathies

Erika Cupit, chef de projet innovation

Je suis Erika, designer pour le Pôle Innovation territoriale du département de Seine-Saint-Denis. Lorsqu'on mène un projet avec une démarche de design, il est nécessaire de prendre en compte le point de vue de l'usager. Cette approche centrée usagers a été bien prise en compte dans la mise en œuvre du projet d'expérimentation.

Cependant, il n'est pas toujours aisé de faire comprendre l'importance de prendre en compte les besoins des autres acteurs du projet, par exemple les restaurateurs. En effet, une bonne question de travail doit prendre en compte les enjeux de chacun pour ne pas être clivante. Mais surtout pour pouvoir embarquer l'ensemble des parties prenantes du projet (ici les ARSA, les restaurateurs, les partenaires et les agents du Département).

Lorsque j'ai débuté cette expérimentation sur le RSA, j'avais très peu de connaissances sur le milieu de la restauration, ses spécificités et ses exigences. Je suis donc arrivée avec un regard neuf et novice sur le sujet.

Au moment de préparer les immersions, nous avons travaillé sur les typologies de restaurateurs à interroger. Un vaste monde s’est alors ouvert à moi, de la restauration collective à la brasserie de quartier.

Le retour d'immersion a complété mon apprentissage avec le vécu des restaurateurs. Certains avaient une approche militaire dans la gestion de leur personnel, d'autres se questionnaient sur les évolutions de parcours de leur employé. Un point commun : la difficulté à recruter et à fidéliser leur personnel en dépit du nombre de personnes en recherche d'emploi. La notion d'employeurabilité était donc au cœur même du projet.

Découverte d’un secteur d’activité

Pierre Baudry co-fondateur OKONI

Partager les données entre services référents : pas si simple

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Au moment de lancer notre expérimentation sur la remobilisation des bénéficiaires du RSA de longue durée, il a fallu choisir qui inviter à nos rendez-vous collectifs. Les trois services référents impliqués dans la brigade avec nous ont partagé chacun un fichier comportant des dizaines, des centaines de noms. Les trois fichiers ne comportaient pas les mêmes informations, ne pouvaient pas se trier de la même manière, rendant la tâche complexe et ardue et nous obligeant à faire des choix sans que ceux-ci soient effectivement éclairés.

Au bout du compte, nous avons pu atterrir sur une soixantaine de noms qui nous semblaient entrer dans notre public-cible de bénéficiaires de longue durée. Mais je me souviens de ce moment de confrontation aux fichiers et d’un sentiment d’absurdité face à la complexité bureaucratique exprimée sous l’apparence de tableurs Excel.

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